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Un jeune ayant un TDAH dit adieu au Ritalin grâce au sport

24 février 2019
 Cédric s’est découvert une passion pour l’escalade, qu’il pratique plusieurs heures par semaine. Il grimpe les murs en compagnie de son père Marc.

Grâce au vélo, au karaté et à l’escalade, le jeune Cédric Gauthier a abandonné les psychostimulants reliés à son déficit d’attention, passant même de cancre à premier de classe.

Le diagnostic est tombé l’an dernier, après un début d’année scolaire «très difficile»: trouble du déficit de l’attention avec hyperactivité, comme son papa.

«L’enseignante de Cédric me disait qu’il n’était pas capable de se concentrer, qu’il était tout mêlé, qu’il avait de la difficulté à s’organiser », raconte son père, Marc Gauthier, de Chicoutimi.

Un médecin lui prescrit alors des psychostimulants, qui « donnent des résultats».

Mais son père, qui a une maîtrise en sciences de la santé, est à la recherche d’alternatives, convaincu que le sport aiderait grandement son garçon âgé de 10 ans. Ses recherches sur le sujet le convainquent de poursuivre dans cette voie.

«Je me suis rendu compte que les jeunes comme Cédric ont vraiment besoin de bouger, c’est un besoin physiologique. Au fond, c’est l’école qui n’est pas vraiment adaptée à eux. Tu ne peux pas asseoir un p’tit gars comme lui sur une chaise à longueur de journée, ça ne marche pas», dit-il.

Marc Gauthier entreprend alors des démarches pour inscrire son garçon dans un programme de sports-études, mais Cédric est refusé dans deux écoles à cause de ses problèmes de comportement et de ses faibles résultats scolaires.

«Ça m’a ben gros choqué, parce que je sentais qu’il en avait vraiment trop besoin», lance son père.

Une heure de sport chaque jour

M. Gauthier décide alors de faire faire lui-même du sport à son fils, le soir après l’école. En début d’année, ils ont fait beaucoup de vélo, en plus des cours de karaté deux soirs par semaine. Avec l’arrivée de l’hiver, ils ont commencé à faire de l’escalade dans un centre de Chicoutimi.

PHOTO COURTOISIE
Il fait du karaté deux soirs par semaine.

«Cédric fait au moins une heure d’activité physique intense par jour, en plus de ce qu’il fait à l’école», affirme M. Gauthier.

Le principal intéressé en redemande.

«On dirait que j’ai plus de facilité à me concentrer, ça m’aide beaucoup à rester plus calme à l’école», affirme Cédric.

En parallèle, son père a aussi limité le temps que passe son fils sur les écrans, allant même jusqu’à faire disparaître complètement sa console de jeux (voir autre texte). Le jeune garçon a donc plus de temps à la maison pour jouer du piano, pratiquer son violoncelle et faire du dessin.

PHOTO COURTOISIE
À la maison, il joue du piano et du violoncelle.

Résultats scolaires en hausse

Tous ces changements ont eu «un effet incroyable» sur ce jeune garçon, affirme son père. Ses résultats scolaires ont commencé à grimper en flèche, à un point tel que son père a totalement arrêté la médication.

«Autrefois le cancre de sa classe, il est maintenant un premier de classe et a un comportement pratiquement irréprochable», lance fièrement M. Gauthier.


♦ Fin janvier, une cinquantaine de pédiatres ont dénoncé les surdiagnostics et la surmédicamentation des jeunes Québécois en lien avec le TDAH, dans une lettre ouverte qui a fait grand bruit. Ils sont revenus à la charge en proposant des pistes de solutions, comme l’augmentation de l’activité physique et la diminution des jeux vidéo.

 

LA CONSOLE DE JEUX VIDÉO DISPARAÎT SANS HEURTS

Constatant que les jeux vidéo avaient des effets néfastes sur son garçon, Marc Gauthier a réussi à faire disparaître sa console sans trop de heurts.

L’an dernier, son fils Cédric pouvait passer jusqu’à deux heures par jour devant l’écran de sa console qu’il avait reçue en cadeau, à jouer à des jeux vidéo.

«Quand il jouait vraiment beaucoup, ça ne lui tentait plus ensuite d’aller à ses cours de karaté le soir, il jouait moins de musique, il était moins motivé par tout le reste», raconte son père.

M. Gauthier a ainsi pu observer sur son fils les effets documentés des jeux vidéo.

«Le cerveau d’un enfant qui joue au jeu vidéo devient habitué d’être bombardé de stimuli et de récompenses, qu’il n’a pas le temps d’analyser. Quand l’enfant arrive dans la vraie vie ensuite, c’est exactement le contraire qui se passe : il y a plein de choses à voir, entendre et sentir, mais tu dois te forcer pour les voir, les analyser. Et des récompenses, il n’y en a pas tant que ça, alors la vie en comparaison devient plate», explique-t-il.

Lorsque son fils jouait trop, le père confisquait la console de jeu.

«Sur le coup, il me faisait des babounes qui n’en finissaient plus. Mais le lendemain, on allait faire du vélo, on cuisinait ensemble et on jouait de la musique. Après, je lui faisais réaliser qu’on avait eu une belle journée ensemble, qui n’aurait pas été la même s’il avait joué aux jeux vidéo», raconte M. Gauthier.

«Une drogue dure»

Alors que cette idée faisait tranquillement son chemin, la situation a commencé à se corser cet automne lorsque Cédric a commencé à jouer au jeu en ligne Fortnite, comme d’autres amis de l’école.

«Ce jeu-là, c’est vraiment une drogue dure, ça n’a aucun sens, lance M. Gauthier. Je n’étais pas capable de le décoller de là, ça devenait extrêmement addictif.»

À un point tel que lorsque le père redonnait la console de jeu à son garçon après l’avoir confisqué, il devait lui enlever à nouveau moins de 24 heures plus tard.

«Je lui enlevais parce qu’il a commencé à me mentir. Il s’arrangeait pour que je ne sache pas qu’il jouait plus longtemps que ce que je permettais. Cédric, je ne le chicane jamais habituellement, c’est tellement un bon petit gars, mais dès qu’il avait cette console-là dans les mains, ça devenait épouvantable», affirme le père.

Cédric a fini par profiter d’un moment où il était seul avec un ami à la maison pour jouer avec sa console alors qu’elle était déjà confisquée. Son père s’en est rendu compte.

Au souper, il lui a annoncé calmement qu’il allait faire disparaître la console et lui redonner lorsqu’il aura 16 ans.

«Au lien d’être choqué, il m’a dit : papa, tu fais bien. Lui-même il voyait à quel point c’était addictif», raconte M. Gauthier.

Cédric le confirme.

«Au début, quand il me l’a enlevé, j’ai trouvé ça plate. Mais après, c’est comme si j’en avais jamais eu», raconte-t-il.

Depuis ce temps, Cédric «s’est mis à progresser à une vitesse hallucinante» au violoncelle et au piano, tout en suivant un troisième cours de karaté, raconte son père :

«Il est sur une lancée, c’est incroyable tout ce qu’il fait et comment on a du fun ensemble. Ç’a été une victoire hallucinante, à tous les niveaux.»

Cédric affirme de son côté qu’il «trouve ça plate» pour «ceux qui jouent beaucoup aux jeux vidéo». «Ils se développent moins et font beaucoup moins de choses», lance-t-il.

https://www.journaldequebec.com/2019/02/24/il-dit-adieu-au-ritalin-grace-au-sport

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