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Faire manger du fromage à votre bébé diminuerait ses risques d’allergies

19 décembre 2018

ALIMENTATION – Mange, c’est bon pour ce que tu as ! Selon une étude de l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et du CHU de Besançon, consommer du fromage dès le plus jeune âge permettrait de diminuer de façon significative les risques d’allergies.

A partir de quatre mois, l’alimentation des enfants se diversifie. Les petits pots aux légumes, les compotes de fruits et les divers laitages font leur apparition au menu. Car il s’agit d’éveiller les papilles du bambin à la multitude de saveurs qui l’entoure. Mais pourquoi ne vous lui proposeriez-vous pas quelques mois plus tard du Bleu d’Auvergne, du Cantal, du Camembert ou du Rocamadour ?

Non seulement parce qu’ils font partie de notre patrimoine, mais aussi parce que, selon une étude menée par le CHU de Besançon et l’Inra, une alimentation riche en fromage dès le plus jeune âge permettrait de se protéger des maladies allergiques et de l’asthme.

Une association inédite entre fromages et réduction des risques d’allergies

Ce lien est mis en évidence par le professeur Dalphin, chef du service de pneumologie au CHU de Besançon. Depuis 2002, il observe 931 enfants vivant en milieu rural dans cinq pays européens que sont l’Allemagne, la Suisse, l’Autriche, la France et la Finlande. Parmi les diverses données qui ont été collectées depuis leur naissance jusqu’à leur sixième année, la consommation de fromage entre 12 et 18 mois a été quantifiée en termes de fréquence et de diversité. En tout, six types de fromages ont été consommés : fromage pressé, semi-pressé, à pâte molle, bleu, frais, de la ferme.

Grâce à ces informations collectées par questionnaires, une association a pour la première fois pu être établie entre la consommation de fromage et la probabilité de développer des maladies allergiques, qu’elle soient alimentaires ou dermatologiques, et ce indépendamment de la consommation de divers autres aliments et des conditions de vie en milieu fermier.

« Dans cette étude, toute consommation de fromage entre 12 et 18 mois était associée à une réduction significative du risque de dermatite atopique (eczéma) à 6 ans et d’allergie alimentaire mais aussi à un risque diminué de rhinite allergique, d’asthme et de sensibilisation aux allergènes tant alimentaires qu’inhalés », indique ainsi l’Inra dans un communiqué.

Une bonne source d’alimentation pour le microbiote intestinal

L’explication de cette découverte pourrait se trouver dans le fait que les fromages dont le lait n’a pas été pasteurisé renferment des milliards de bactéries. Une fois ingérées, celles-ci alimentent le microbiote intestinal [ensemble des bactéries, virus et levures présent dans l’intestin, ndlr.] de celui qui le déguste et « participent, explique Jean-Charles Dalphin dans les colonnes de 20 Minutes, à la construction d’un microbiote idéal ». Or ce microbiote, qui se construit dans les premiers mois de la vie, est essentiel pour assurer un système immunitaire solide. « Quand on devient allergique, c’est que notre système de défense est déviant : il va réagir à des substances inoffensives comme les poils de chat ou les pollens », poursuit-il.

Des études complémentaires doivent désormais être menées pour déterminer si ces bénéfices sur la santé sont liés à la diversité des fromages consommés ou à la fréquence de leur dégustation. Des analyses du microbiote intestinal pourraient d’autre part aider à comprendre les mécanismes de cette diminution de risques.

https://www.lci.fr/bien-etre/une-etude-recommande-le-camembert-ou-le-cantal-aux-enfants-des-le-plus-jeune-age-faire-manger-du-fromage-aux-bebes-diminuerait-leurs-risques-d-allergies-et-d-asthme-2107911.html

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