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Autisme : une pénurie de main-d’oeuvre occasionne des délais pour les enfants d’âge préscolaire

19 novembre 2018

Une pénurie de main-d’oeuvre en personnel spécialisé dans les troubles du spectre de l’autisme place des parents de la Nouvelle-Écosse dans une situation intenable, soutient un organisme de la province.

C’est incroyablement problématique, pour plusieurs raisons, explique Cynthia Carroll, la directrice générale d’Autisme Nouvelle-Écosse.

Pour avoir accès au programme provincial d’intervention comportementale intensive auprès des enfants autistes en bas âge, une longue liste d’attente s’est créée. Le manque de main-d’oeuvre occasionne des délais et engorge la liste.

Dans chaque cas, le temps presse, car la thérapie est conçue pour être suivie avant l’entrée de l’enfant à l’école, et le programme n’en accepte aucun de plus de cinq ans.

Le programme d’intervention comportementale intensif, appelé programme EIBI en Nouvelle-Écosse (pour Early Intensive Behavioural Intervention) est une thérapie intensive d’une durée de six mois pour les enfants autistes d’âge préscolaire. L’accent est mis sur le développement de la communication sociale.

L’enfant admis dans le programme est pris en charge par du personnel de soins directs et un orthophoniste, le tout encadré par un superviseur clinique.

C’est un programme qui prend en charge 180 enfants autistes par année, au coût de 14 millions de dollars, indique dans un courriel Tracy Barron, une porte-parole du ministère provincial de la Santé.

Délais à cause de la pénurie

Une mère de Glace Bay en Nouvelle-Écosse, Melissa Reuther, explique qu’en 2016, son fils Kingston, alors âgé de deux ans, a reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme. Il est immédiatement devenu éligible à ce programme, mais on a bien expliqué à la mère qu’il y aurait une attente.

Au début de l’été dernier, on a informé Mme Reuther que son fils serait accueilli en juillet dans le programme. Mais quelques jours avant qu’il ne débute, on la rappelait pour lui dire que ce n’était plus possible.

On m’a dit qu’il y avait une crise de main-d’oeuvre au Cap-Breton et personne pour encadrer la thérapie, explique Melissa Reuther.

 

maintenant pourvus, mais il manque toujours quatre sintervenants spécialisés en autisme au Cap-Breton : deux dans des postes permanents, et deux dans des postes temporaires.

Un problème à travers la province

Les pénuries de main-d’oeuvre ne touchent pas que cette région. À travers la Nouvelle-Écosse, les équivalents de 10,2 postes de soins directs, de 0,7 poste d’orthophoniste à temps plein et de 4 postes de superviseurs cliniques sont à combler.

Ceci n’aide en rien à désengorger la liste d’attente, qui comptait en septembre 175 enfants. Du nombre, 101 sont nés en 2014, c’est-à-dire qu’il est prévu qu’ils commencent leur scolarité en septembre l’an prochain.

Dès qu’une place se libère, la priorité est donnée aux enfants de moins de 6 ans les plus âgés, puisqu’il sera trop tard une fois qu’ils auront commencé l’école.

Chez Autisme Nouvelle-Écosse, Cynthia Carroll explique que cela place bien des parents devant un choix difficile : laisser leur enfant commencer l’école sans avoir pu bénéficier de la thérapie, ou alors retarder d’un an leur entrée à l’école dans l’espoir qu’une place se libère dans le programme EIMI avant qu’ils ne fêtent leurs 6 ans.

Cette dernière option engendre souvent des frais de garderie pour les parents. De plus, certaines garderies n’acceptent même pas les enfants en âge d’aller à l’école, ce qui pose une difficulté supplémentaire.

Mme Carroll espère que le gouvernement provincial va retourner consulter le comité d’experts sur le programme EIMI. Ce comité regroupe des intervenants du système scolaire, de la Régie provinciale de la santé, du Centre de santé IWK à Halifax, du ministère de la Santé de la Nouvelle-Écosse, et de l’organisme Autisme Nouvelle-Écosse.

Malgré la situation, Melissa Reuther n’a que des éloges pour le personnel de la garderie que son fils Kingston fréquente trois fois par semaine. Il y suit une thérapie en orthophonie toutes les deux semaines.

Mme Reuther espère que son fils pourra éventuellement compter sur le programme EIBI pour l’aider à communiquer, à trouver des façons de vivre sa vie à son plein potentiel.

Il a le droit de pouvoir le faire, comme chaque enfant au Canada en a le droit, dit la mère.

D’après un reportage de Michael Gorman

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1136840/autisme-penurie-main-d-oeuvre-intervention-prescolaire-nouvelle-ecosse

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