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L’immunothérapie orale bientôt offerte au CHUS de Sherbrooke

21 octobre 2018
Les enfants qui souffrent d’allergies alimentaires pourraient voir leur vie changer grâce à l’immunothérapie orale qui vise à les désensibiliser aux aliments auxquels ils sont allergiques. Un projet-pilote pour les enfants vient d’être lancé au Centre hospitalier universitaire de Sherbroole (CHUS), projet-pilote qui pourrait mener, en 2020, à offrir l’immunothérapie orale à un grand nombre d’enfants diagnostiqués avec une allergie alimentaire.

« L’immunothérapie orale est en train de changer la façon de traiter les allergies alimentaires », soutient Chantal Lemire, allergologue-immunologue pédiatrique au CHUS du CIUSSS de l’Estrie-CHUS.

Le projet est provincial. Dans une première phase, c’est l’hôpital Sainte-Justine de Montréal qui a lancé la première clinique québécoise d’immunothérapie orale pour les enfants. Dans la seconde phase, ce sont les quatre autres centres hospitaliers universitaires du Québec, dont Sherbrooke, qui pourront démarrer leur propre clinique afin d’offrir le service sur l’ensemble du territoire québécois.

« L’immunothérapie est encore au niveau de la recherche. Mais la littérature augmente. On s’y prépare. Les parents en entendent parler, ils nous en parlent, ils sont intéressés. La demande est là », soutient Dre Lemire.

Quand un enfant reçoit un diagnostic d’une allergie alimentaire, les conséquences sont lourdes pour lui et sa famille. Fini les restaurants. Les sorties dans la famille ou chez des amis sont plus compliquées. Les risques de complications graves ou mortelles sont multipliés.

Actuellement, quand un enfant ou même un adulte reçoit un diagnostic d’allergie alimentaire, il ne reçoit que deux conseils.

« Le traitement de base, c’est d’éviter l’aliment, y compris dans les « peut contenir » dans la liste des ingrédients, et de trainer son Épipen (NDLD : médicament à administrer en urgence en cas de réaction allergique). Mais ça peut avoir des conséquences sociales et nous en sommes conscients », soutient Dre Lemire.

C’est donc là que peut intervenir l’immunothérapie orale dont l’objectif est d’abolir l’allergie. Mais comment cela fonctionne-t-il?

Un programme d’immunothérapie orale consiste à donner quotidiennement au patient de légères doses de l’aliment qui cause l’allergie par voie orale, sous supervision médicale. Ensuite, la même dose est consommée à la maison quotidiennement. Chaque fois qu’une dose est augmentée, les enfants doivent se rendre à l’hôpital afin de prévenir les réactions allergiques. Les allergies les plus souvent traitées sont celles aux œufs, aux arachides et aux produits laitiers.

« L’immunothérapie orale est un processus très rigoureux », soutient Dre Lemire.

« Selon les études les plus récentes, ce sont les enfants qui répondraient le mieux à l’immunisation, car leur système immunitaire est toujours malléable », ajoute-t-elle.

Pour l’instant, Dre Lemire est la seule allergologue-immunologue pédiatrique au CHUS. Une collègue viendra cependant doubler les effectifs en décembre 2019. Cette dernière complète présentement une année de formation postdoctorale… à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal où elle développe justement une expertise sur l’immunothérapie orale chez les enfants.

« Nous sommes en mode pilote actuellement. Nous pouvons offrir la désensibilisation à quelques enfants seulement. Pendant la prochaine année, nous allons progresser au CHUS du côté de l’organisation des services. Il nous faut nous organiser du côté des ressources, des locaux… Quand elle entrera en poste, nous serons beaucoup plus avancés et avec son aide, nous serons probablement prêts à offrir l’immunothérapie à beaucoup plus d’enfants », se réjouit d’avance la Dre Chantal Lemire.

https://www.latribune.ca/actualites/sherbrooke/limmunotherapie-orale-bientot-offerte-au-chus-de-sherbrooke-7ea993dd25247aab05919c644efc3050

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