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UNE FAMILLE, HUIT ALLERGIES

17 septembre 2018

Au fil des ans, une famille connaît son lot de défis. Chaque semaine, des parents racontent comment ils ont su relever un défi qui s’est présenté.

Bébé, Liam Fréchette avait la peau si sensible que personne n’arrivait à le calmer ni à le consoler. À 4 mois, des tests sanguins ont révélé qu’il souffrait de huit allergies (chats, produits laitiers, œufs, soya, avoine, bœuf, sésame, arachides). Depuis ce jour, ses parents ont complètement réévalué leurs habitudes alimentaires.

Lorsque le dermatologue dressait la liste des allergènes, Marianne Paquette avait du mal à en croire ses oreilles.

« Mon conjoint et moi n’avons pas d’allergies, et nos familles immédiates non plus, dit-elle. On s’est sentis pris au dépourvu ! »

Obligés de s’adapter à leur nouvelle situation du jour au lendemain, ils ont carrément réappris à cuisiner.

« Tout ce qui est transformé ne convient pas, alors on cuisine davantage. On a appris à mieux manger et on a perdu beaucoup de poids tous les deux en suivant l’alimentation restrictive. »

S’ils sont fatigués, ils ne peuvent pas aller au restaurant ou commander. Ils sont obligés de tout prévoir, sans arrêt.

« Je ne compte plus les heures à faire des recherches dans les livres de recettes, sur l’internet ou dans les groupes Facebook de familles allergiques. »

Sans compter le temps investi à faire l’épicerie.

« Je dois visiter plusieurs endroits pour trouver tout ce dont on a besoin, car les aliments permis ne sont pas vendus partout. Et les prix sont différents : ceux qu’on peut consommer peuvent coûter le double ou le triple du prix régulier. Une boîte de riz sans trace de soya, d’œufs et de produits laitiers coûte environ 15 $. »

ANGOISSANT

La vie avec un enfant multiallergique impose une vigilance constante.

« On ne sait jamais comment naissent ou évoluent les allergies. Présentement, Liam a encore quatre allergies alimentaires, en plus de celle aux chats. Mais celle au sésame tend à revenir après avoir disparu. C’est dur à expliquer », confie Marianne Paquette.

« L’angoisse est constante. Ça laisse peu de place à l’imprévu et ça demande une lourde adaptation. »

— Marianne Paquette

Heureusement, le stress est partagé également entre les conjoints.

« On constate dans les groupes de parents d’enfants allergiques que ce n’est pas partout comme ça. Dans certains cas, un des deux parents ne s’investit pas du tout. Mais nous, on voit la sécurité de Liam du même œil. »

Marianne Paquette et Jonathan Fréchette font donc front commun pour expliquer à leur entourage les précautions à prendre.

« C’est une éducation à transmettre et des consignes à répéter encore et encore. Même après deux ans, tout le monde ne comprend pas notre réalité à 100 %. Seule une famille avec des allergies alimentaires réalise ce qu’on vit. »

— Marianne Paquette

Tous les repas impliquent un grand nettoyage des lieux et des ustensiles, ainsi que de grandes précautions avec Liam.

« Quand on finit de manger, on se brosse les dents immédiatement. On se lave les mains 800 fois par jour pour ne pas le contaminer. Si on a mangé au restaurant le jour et qu’on va le chercher à la garderie, on doit être très propres, parce qu’on a peut-être été en contact avec des traces d’allergènes. »

LE RÉSULTAT

Peu à peu, ils ont appris à vivre avec les allergies.

« La situation est gérable. On trouve des solutions. Il y a quelques jours, on a appris que notre pain tranché était contaminé aux œufs et au soya. On s’est donc procuré une machine pour le faire nous-mêmes. On vit plusieurs déceptions, mais on se console avec de petites victoires. »

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