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Génétique et allergies : existe-t-il un lien?

5 septembre 2018

Les parents qui craignent que leurs enfants développent un jour des allergies peuvent être tentés de chercher dans leurs gènes pour trouver des réponses à leurs questions.

Mais le Dr Thomas Eiwegger, médecin membre du département d’immunologie et d’allergie à l’hôpital SickKids de Toronto, affirme que la génétique à elle seule ne peut pas prédire si vous ou vos enfants aurez des réactions allergiques aux pollens saisonniers.

Dr Eiwegger souligne que même si vous êtes plus sensibles à certains types d’allergènes, par exemple l’herbe à poux, cela n’entraînera pas nécessairement le développement d’une allergie, et ce, même si vos parents le sont.

« La prédisposition génétique joue un certain rôle. Mais l’allergie n’est pas reliée à un seul gène défectueux, et si vous réparez ce gène, vous n’éliminerez pas automatiquement l’allergie », a déclaré Dr Eiwegger à MétéoMédia. « Il y a donc plusieurs gènes impliqués, et pour rendre le tout encore plus complexe, ces gènes interagissent avec l’environnement, et c’est pourquoi nous avons tellement de mal à trouver un bon remède. »

Comme le mentionne le médecin, les personnes qui recherchent des explications sont plus susceptibles de les trouver dans leur environnement plutôt que dans leur code génétique.

Comme preuve, Dr Eiwegger souligne que les taux d’allergie parmi la population générale étaient beaucoup plus bas il y a 50 ans. Il s’agit d’un délai trop court pour expliquer la situation par des changements génétiques, ce qui, selon Dr Eiwegger, nécessiterait des centaines ou des milliers d’années, jusqu’au point où les allergies toucheraient 5 à 20 % de la population, et pas seulement quelques générations.

« Il doit y avoir un facteur externe pour arriver à de tels résultats », dit-il.

Quel facteur pourrait alors en être la cause? Selon Dr Eiwegger, les pollens ont évolué en raison des changements environnementaux, tels que la pollution. Mais le médecin dit que ce n’est pas nécessairement le principal facteur. Ce qui a assurément changé, cependant, c’est la façon de vivre des gens.

Par exemple, nos maisons sont beaucoup plus propres et construites différemment, et les enfants sont exposés à des allergènes différents que par le passé. Les changements dans l’alimentation peuvent également jouer un rôle.

« Certains ont déjà recommandé d’éviter l’introduction prématurée de certains aliments chez le nourrisson, et nous comprenons maintenant que ce n’était probablement pas la meilleure recommandation », explique Dr Eiwegger.

Il ajoute : « L’environnement est très sollicité, et pour rétablir cet équilibre, nous devons déterminer quels facteurs environnementaux peuvent être utilisés de façon positive pour parvenir à un bon équilibre entre l’environnement et notre système immunitaire. »

Dr Eiwegger dit que des recherches sont en cours pour savoir comment alléger le fardeau des allergies. Jusqu’à ce que des réponses concrètes soient identifiées, le médecin souligne que nous n’en savons pas assez pour décider comment modifier nos modes de vie ou celui de nos enfants afin de ne pas développer d’allergies.

« Par exemple, si vous voulez éviter l’utilisation de pompes ou prévenir l’asthme allergique, vous ne pouvez pas garder votre enfant loin de ces allergènes. Il n’y a pas de bonne façon d’y parvenir », explique Eiwegger. « Donc, vous devriez simplement être réceptif à la façon dont votre enfant réagit à ces allergènes. »

https://www.meteomedia.com/nouvelles/articles/genetique-et-allergies-existe-t-il-un-lien/99143#

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