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VICTORIA À L’ÉCOLE

5 octobre 2011

Automne 2011. Victoria Ravary a deux ans et demi. À la garderie, un enfant renverse un verre de lait sur elle. La fillette, sévèrement allergique aux arachides, aux œufs et aux produits laitiers, réagit fortement. Possiblement parce que le contact avec le lait est direct, comme elle a de l’eczéma au bras.

« Quand je suis arrivée à la garderie, je n’ai pas reconnu ma fille, se souvient Dominique Seigneur, la mère de Victoria. Elle était tellement bouffie ! Elle hurlait, c’était vraiment dramatique. Ils étaient en train de lui injecter l’épinéphrine… »

Transportée à l’Hôpital de Montréal pour enfants en ambulance, Victoria a été sauvée. Enceinte d’un deuxième enfant, sa mère s’est mise à avoir des contractions au chevet de sa fille, et a accouché deux jours plus tard. « Ç’a été toute une épreuve, résume Mme Seigneur. Heureusement, ce n’est jamais arrivé depuis. »

AUTO-INJECTEUR EN PERMANENCE SUR ELLE

Aujourd’hui, Victoria a 6 ans. Elle porte son auto-injecteur d’épinéphrine – le traitement d’urgence en cas de grave réaction allergique – en permanence sur elle. Même à l’école.

« Elle a un auto-injecteur sur elle, un dans son sac à dos et il y en a un autre au local du service de garde, parce que c’est ouvert 11 h par jour et que ce n’est pas sous clé. »

— Dominique Seigneur, mère de Victoria

Avant la rentrée, Mme Seigneur est allée rencontrer l’enseignante de Victoria, pour lui parler de la sévérité de ses allergies et lui présenter son plan d’urgence, signé par son médecin. « Comme son professeur m’avait dit qu’elle n’aimait pas les aiguilles, je l’ai fait injecter de l’épinéphrine périmée dans une petite lime, décrit la mère. J’ai retenu le dispositif pour lui montrer que l’aiguille n’est pas si grosse. »

L’an dernier, quand Victoria a commencé la maternelle, son enseignante a proposé d’interdire les produits laitiers, à la collation du matin. « Ma réponse a été : « Jamais », raconte Mme Seigneur. D’une part, parce que ça ne me tente pas de brimer les enfants qui n’ont aucune allergie alimentaire. D’autre part, parce que des parents ne comprenant pas la sévérité des allergies alimentaires pourraient prendre en grippe mon enfant. »

L’enseignante a alors eu une idée formidable : elle a désigné une table jaune comme étant « la table des produits laitiers », celle où les enfants allaient manger leurs yogourts et fromages. Victoria ne s’y asseyait tout simplement pas.

PAS DANS UNE BULLE ASEPTISÉE

« Pour moi, c’est super important que ma fille ne soit pas dans une bulle aseptisée », dit Mme Seigneur. À la Saint-Valentin, elle a cuisiné des petits gâteaux sans allergènes, pour toute la classe. « Ma fille était tellement fière d’arriver avec sa grosse boîte de gâteaux ! » La maman a aussi fourni des petits contenants pour la peinture, afin de remplacer les boîtes d’œufs utilisées jusqu’alors. Elle laisse aussi en classe une boîte de barres tendres sans danger pour sa fille, à lui donner au besoin.

L’école fréquentée par Victoria, à L’Île-des-Sœurs, interdit les noix et arachides. « Pour moi, ce n’est pas vraiment protecteur, indique Mme Seigneur. Ma fille a d’autres allergies qui sont aussi sévères. Je ne compte donc pas là-dessus. »

La maman mise plutôt sur tous les outils et l’information qu’elle a donnés à sa fille et à l’école. « À un moment donné, comme on dit en anglais, There’s so much you can do, observe-t-elle. Je fais confiance à la vie. »

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